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ECOLE DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES

Jeudi 13 mars 2008 - SALLE 4 - 19h

 

Maxime CERVULLE

Maxime Cervulle enseigne les études culturelles à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Lille 3 Charles de Gaulle. Il a notamment dirigé la publication du recueil de textes de Stuart Hall, Identités et cultures : politiques des Cultural Studies (Ed. Amsterdam, 2007) et traduit Epistémologie du placard de Eve Kosofsky Sedgwick (Ed. Amsterdam, 2008). Il termine actuellement avec Nick Rees-Roberts un ouvrage intitulé Homo Exoticus : race, classe et critique queer.

 

Extrait de la conversation entre Richard Dyer et Maxime Cervulle au Palais de Tokyo dans le cadre de F*ck My Brain, "Hollywood lave plus blanc : race et cinéma", 9 janvier 2008.

Entretien avec Jean Birnbaum sur Stuart Hall et la gauche dans Le Monde, "Le populisme autoritaire selon Stuart Hall", 31 janvier 2008.

 

PROGRAMME A L'EHESS

 

Blanchitude et hétérosexualité : des limites des approches analogiques et comparatives

 

L’hégémonie blanche peut-elle être comparée à l’hégémonie hétérosexuelle ? L’invisibilité de l’identité hétérosexuelle opère-t-elle de la même façon que celle de l’identité blanche ? En partant de ces questions impliquant études féministes, queer et critical whiteness studies, nous tenterons de pointer les limites de la pensée analogique plaquant les théories du genre ou de la sexualité sur la race. Point de départ d’un certain examen critique de la formation de l’hégémonie blanche, les raisonnements analogiques ou comparatifs ont permis à certaines féministes telle Peggy McIntosh de mettre en perspective la question des privilèges blancs en la calquant sur celle des privilèges masculins et/ou hétérosexuels. À la suite d’auteurs comme Baldwin, Dubois ou des chercheurs en critical race studies, cette perspective a contribué à réaffirmer l’omniprésence de la race en tant que catégorie politique en démontrant que les processus de racialisation concernaient les blancs autant que les non-blancs et qu’aucun espace culturel n’était racialement neutre ou non marqué. Pourtant, le transfert des outils conceptuels pour penser le genre ou la sexualité à la race n’a-t-il pas eu tendance à isoler analytiquement la race, à l’extraire de ses interactions sociales et intrications culturelles avec les expressions sexuelles ou genrées ? La complexité du marquage multiple des corps et des formes culturelles, la dynamique de l’enchevêtrement des différents régimes discursifs impliqués dans la formation des identités contemporaines ne passent-elles pas à l’as au sein d’un modèle conceptuel traçant les lignes identitaires de façon parallèle et disjointe ?

Nous tenterons ici de proposer quelques pistes de réflexion pour une appréhension critique croisée de l’hétérosexualité et de la blanchitude telles qu’elles s’expriment dans la culture française contemporaine. Il s’agira principalement d’ouvrir des voies méthodologiques qui évitent le double biais de l’analogie entre genre, sexe et race, et de l’analyse de la représentation des blancs par rapport à celle des non-blancs. L’objectif étant donc de façonner des outils aptes à saisir les identités hégémoniques en elles-mêmes et par elles-mêmes au-delà des raisonnements analogiques masquant les intersections et au-delà des logiques comparatives faisant des minorités un standard de la différence médiatisant notre perception des identités majoritaires.

 

PALAIS DE TOKYO

Mercredi 9 janvier 2008 - 19h30

PROGRAMME AU PALAIS DE TOKYO

Hollywood lave plus blanc : race et cinéma

Richard Dyer / en conversation avec Maxime Cervulle

 

De Naissance d’une nation à Harry Potter, l’identité blanche et sa représentation jouent un rôle central dans la fabrique du cinéma hollywoodien. Les privilèges visuels, narratifs et techniques par lesquels les Blancs apparaissent à l’écran ne sont pas sans rapport avec les privilèges sociaux, politiques et culturels dont ils bénéficient au quotidien. De la « magie blanche » du sorcier de Poudlard en passant par les zombies blafards de La Nuit des Morts-vivants ou la figure messianique de The Matrix, le cinéma populaire donne corps à l’expérience blanche et constitue un mode d’appréhension majeur de l’identité et de la différence. Cette conversation entre Richard Dyer et Maxime Cervulle tentera de mettre en relief les conceptions implicites de la race qui circulent dans le cinéma hollywoodien, véritable machine de production d’un imaginaire racial complexe par lequel l’identité blanche est à la fois omniprésente et invisible.

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